Nous sommes cinq participant.e.s pour ce séjour, encadré par Gabriel, notre initiateur. Le premier jour, arrivés parking de Cassis, nous voilà plongés sans attendre dans le décor magique des Calanques. Ce n’est pas la première fois que je viens ici mais l’émerveillement est à chaque fois renouvelé. Nous marchons une heure jusqu’à la calanque d’En-Vau, dont la plage est couverte de vacanciers et randonneurs. On s’équipe au milieu des gens en maillot de bain. Le temps est estival, ou plutôt printanier, ni trop chaud, ni trop frais, parfait pour la grimpe.
Ce premier après-midi est un tour de chauffe: nous mettons un certain temps à trouver la voie, puis à la gravir en trois cordées successives et nous redescendons le plateau de Castelvieil par un court rappel alors que le soir tombe. Nous terminons le chemin jusqu’au parking à la frontale. Mais la voie de la Lionne est une belle introduction à ce séjour et personne ne se lasse de patienter avec l’un des plus beaux paysages de France sous les yeux tandis que le compagnon de cordée installe son relais ou tâtonne sur le rocher à la recherche des prises.
Le lendemain, nous revenons à proximité par un autre chemin d’approche, pour gravir la voie de la Si-Ray, qui nous mène sur une paroi abrupte qui surplombe de plusieurs centaines de mètres l’eau bleu azur de la calanque. Je profite des pauses pour rêver en observant les clochettes roses de la bruyère à fleurs multiples, les minuscules coquillages allongés qui s’accrochent à la roche, le nez ravi par les senteurs de thym, de romarin et celles du pin d’Alep.
Le troisième jour, toujours dans le même secteur, nous nous lançons dans la Traversée des Écureuils, qui chemine à moitié marchant, à moitié grimpant, le long des falaises du Devenson. Nous y admirons le calcaire chantourné des « croulants », d’immenses falaises pleines de cavités, passant tour à tour en tête pour poser coinceurs ou sangles. Puis, comme nous n’en avons pas assez, nous enchaînons avec la traversée du Trou du Serpent au Trou du Canon. Un vieux pin nous offre son tronc en guise de pont de singe pour franchir l’abîme. Nous débouchons enfin par une ouverture dans la roche (le trou du canon) juste à l’arrivée du rappel qui descend du plateau de Castelvieil, que nous connaissons bien désormais (c’est sur ce plateau que la Lionne et la Si-Ray aboutissent).
Tout s’enchaîne harmonieusement.
Le quatrième jour, nous quittons En-Vau pour la calanque de Sugiton au départ de la faculté de Luminy, direction la Grande Candelle par les Corniches David. Le ciel est encore bleu, les cordées mieux rodées et cette très belle traversée se déroule sans anicroche jusqu’au sommet, où l’on aperçoit d’un côté Castelvieil, Cassis et le Cap Canaille, et de l’autre l’archipel de Riou, la calanque de Sugiton et Marseille.
Enfin, le cinquième et dernier jour, la course Marseille-Cassis et le mauvais temps annoncé nous poussent à quitter les calanques pour gagner le secteur de l’Étoile Noire, près de La Ciotat, d’anciennes carrières de grès pleines de fissures qui se prêtent bien à la pause de coinceurs, au pitonnage et à quelques longueurs en couenne.
J’ai l’impression d’être partie il y a longtemps et pourtant, c’est déjà fini. Il me reste toutes ces images en vert, gris, azur, tous ces sourires et pas mal de bleus et de griffures de salsepareille !








