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Histoire du Club
Le Club et ses fondateurs

Fondation 27 août 1874

La section de l’Isère du CAF fut fondée le 27 août 1874 par Henry DUHAMEL, premier président, et Charles LORY, président honoraire, la même année que le siège national. Dès sa création, la section s'attache à :

  • Construire des refuges :
    • Abri dans le vallon de Bonnepierre (1879)
    • Refuge du Carrelet (1879)
    • Refuge de La Lavey (1882)
    • Refuge du Chatelleret (1883)
    • Refuge du Lac Noir (1884)
    • Refuge de la Pra (1899)
    • Refuge du Promontoire (1901)
    • Chalet à Recoin (Chamrousse)
  • Rendre commode certains passages en posant des câbles et des plaques indicatrices sur des itinéraires de courses.
  • Créer des sentiers
  • Publier un bulletin
  • Éditer des recueils photographiques sur l’Oisans, le Pelvoux
  • Organiser des collectives et des conférences
  • Créer une bibliothèque alpine

Les membres fondateurs (18) sont rejoints par des membres cooptés. Les femmes sont admises à partir de 1885. Rapidement, le nombre d’adhérents augmente : 253 en 1901, 1500 en 1939.

L’alpinisme est bien sur l’activité phare du club, qui compte dès sa fondation de nombreux grimpeurs de valeur.

Le ski prendra une place importante dès 1890 - les premiers skis sont importés de Finlande par Duhamel, qui "invente" la discipline en France - évoluant peu à peu vers le ski-alpinisme.

Depuis 1920, des visites de grottes étaient organisées. En 1935, avec le trou du Glaz, on passe à l’exploration : c’est la naissance de la spéléologie. La découverte et l’exploration du gouffre Berger, en 1953, donnent une notoriété extraordinaire à ses auteurs.

Grace à la création de nombreux sentiers, mais aussi du fait de l’évolution des modes, le club connaît un fort développement de la randonnée (pédestre ou nordique) au lendemain de la guerre.

Enfin, les années 90 voient l’intégration de nombreuses disciplines nouvelles comme le vélo tout terrain, la descente de canyon ou la cascade de glace.

En 1996 naît la Fédération des Clubs Alpins Français, et la section de l’Isère devient l’association Club Alpin Français de l’Isère.

Philippe TRAYNARD (1916-2011)

Philippe Traynard est né le 25 novembre 1916 à Sommières dans le Gard et a passé son enfance à Marseille.

Normalien, Philippe Traynard est reçu premier à l’agrégation de physique-chimie en 1942. Après une thèse de doctorat d’État en chimie (1946), il obtient une bourse de recherche qui lui permet de passer trois ans en Suède.

Nommé professeur en octobre 1949, il opte pour un poste à l’Université de Grenoble. puis il se tourne vers les écoles d’ingénieur qui lui paraissent mieux adaptées à la préparation des étudiants à la vie active. Il enseigne à l’École française de papeterie, dont il devient directeur en 1971. Il participe par ailleurs, aux côtés de Louis Néel (prix Nobel de physique 1970), à l’équipe fondatrice du centre d’études nucléaires de Grenoble(CENG) et à l’essor du pôle scientifique de Grenoble. Il y dirige le laboratoire de chimie sous rayonnement de 1956 à 1971. De 1971 jusqu’à son départ à la retraite en 1981, il enseigne à l’INPG, qu’il préside à partir de 1976.

Photo de Philippe TRAYNARD

Malgré ces multiples activités, Philippe Traynard s’est mis à pratiquer assidûment la montagne en arrivant à Grenoble.

Il publie avec son épouse trois topo-guides sur le ski de randonnée dans les Alpes, décrivant sur la base de leur expérience l’ascension de 306 sommets des Alpes françaises, et pilote un ouvrage collectif sur le ski de montagne.

Cette passion pour la montagne le conduit à exercer de nombreuses responsabilités : il est notamment président du Club alpin français(CAF) Isère de 1963 à 1971 puis de 1974 à 1978, vice-président du CAF national de 1966 à 1973, président de la Fédération Française de la montagne (FFM) de 1981 à 1985, président de l’Association pour l’étude de la neige et des avalanches (Anena) de 1978 à 1983.

Au sein de ces instances, il défend la liberté de pratique et même l’arrivée de nouvelles disciplines, telles que le ski-alpinisme de compétition.

C’est en tant que représentant du CAF qu’il entre en 1967 au conseil d’administration du parc national de la Vanoise, où il siège jusqu’en 1986. Très attaché à la mission des parcs de préserver certains espaces de tout aménagement destructeur, il s’implique fortement dans la vie du parc national.

Cette même année commence l’affaire de la Vanoise : le projet de promoteurs immobiliers de créer une station de sports d’hiver dans le vallon de Chavière, à l’intérieur du premier parc national français, suscite une extrême émotion dans les milieux naturalistes et est à l’origine du premier combat écologiste en France. Il jouera un rôle essentiel dans cette affaire jusqu’à ce que la décision d’abandonner le projet soit prise au plus haut niveau de l’État, en 1971.

Dans le même esprit de développement d’un tourisme respectueux de l’environnement, il est également le créateur avec Philippe Lamour et le soutien de la DATAR, de la Grande traversée des Alpes (GTA), empruntant le sentier du GR 5, du lac Léman à la Méditerranée. Il crée en 1970 l’association de la GTA, qu’il préside jusqu’en 1983.

Il a siégé à la Commission départementale des sites de l’Isère, où il s’est opposé à certains projets d’équipements tels que celui concernant les lacs Robert à Chamrousse. Toutefois, dans les divers conseils où il a siégé, il s’est toujours gardé de positions « excessives » conduisant à tout interdire.

Quelques mois avant qu’il disparaisse, Philippe Traynard se disait peu optimiste sur l’avenir de la protection de la nature et pensait que la croissance démographique rendrait inévitable le grignotage progressif des espaces naturels. Les bords de mer lui paraissaient avoir été irréversiblement saccagés. Il estimait, en revanche, que la montagne avait bénéficié d’une intervention précoce et organisée qui a permis de préserver une fraction significative de l’espace.

Son action personnelle, son énergie et sa détermination au service de la montagne alpine y ont sans nul doute contribué.

Extraits de l'article de Isabelle MAUZ paru le 12 janvier 2011 sur le site de l'AHPNE (Association pour l'Histoire de la Protection de la Nature et de l'Environnement).

Les Présidents du CAF Grenoble

  • 1874 - 1874 Henry DUHAMEL, président provisoire
  • 1874 - 1878 le Comte de SAINT-FERRIOL
  • 1878 - 1884 Ernest FERNEL
  • 1884 - 1887 Henry DUHAMEL
  • 1887 - 1900 Félix VIALLET
  • 1900 - 1906 Gaston BERGÉ
  • 1906 - 1937 Pierre LORY
  • 1937 - 1948 Louis ARNAUD
  • 1948 - 1955 Félix GERMAIN
  • 1955 - 1961 Vincent DESHORMIÈRES
  • 1961 - 1965 François BIRON
  • 1965 - 1973 Philippe TRAYNARD
  • 1973 - 1981 Pierre EXERTIER
  • 1981 - 1983 Philippe TRAYNARD
  • 1983 - 1988 Jean-Marie TIRAND
  • 1988 - 1991 Jean-Jacques FRANCHINI
  • 1991 - 1992 Dominique CHARPE
  • 1992 - 2002 Serge LAGORIO
  • 2002 - 2004 Philippe PRANDINI
  • 2004 - 2009 Dominique THÉVENIN
  • 2010 - 2013 Robert BARBIER
  • 2013 - aujourdhui Denis PONCELIN

Les fondateurs

Charles LORY (1823-1889)

Professeur de géologie à l’université de Grenoble, c’est à lui que l’on doit les premières bases de nos connaissances sur la structure des Alpes dauphinoises. Sur proposition de Duhamel, on a donné le nom de Pic Lory à un pic sans nom de 4.063m aux Écrins.

Photo de Charles Lory

Henry DUHAMEL (1853-1917)

D’un tempérament de fer et d’une énergie peu commune, il fut un brillant alpiniste. Son échec dans la première de la Meije (emportée en 1877 par Boileau de Castelnau et Gaspard) fut une immense déception qui le poussa à multiplier ses explorations dans l’Oisans. Il effectua 23 premières dont le Pic Gaspard, la Meije Orientale, la face sud des Écrins.

Photo de Henry Duhamel

Duhamel n’était pas seulement grimpeur. Il introduisit le ski en France en 1890. En 1887, il s’associe avec Coolidge et Perrin pour publier “le Guide du Dauphiné”, modèle de concision et de précision. Topographe, il publia aussi en 1889 la carte en couleur du massif du Pelvoux (massif des Écrins), qui devait servir aux alpinistes pendant 40 ans !

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