Ça faisait plusieurs semaines que nous avions les yeux rivés sur la météo à Cham, passara-ty, passera-ty pas ? Ça s’annonçait mal parti une semaine avant, avec de nouvelles chutes de neiges, un temps très moyen. Je décide finalement de confirmer sur 2 jours au lieu de 3 (exit les pointes lachenal). Se rajoutent successivement in extremis à la sortie 2 participantes. Bien sûr la sélection a été drastique sur recommandation des hautes autorités ;-)
J1 On attrape la benne de 8h10, déjà un bon point de pris. Temps plutôt pas mal, mais dans les nuages en haut. On s’équipe dans le tunnel et descente de l’arête neigeuse en plein brouillard. On est pas seuls dans le secteur. Sous le plafond on aperçoit des lignes vers lachenal, torino, le tacul, l’arête des cosmiques et le refuge. On ne se perdra pas aujourd’hui! Direction le refuge pour déposer notre bardas (réchaud, nourriture, skis...) puis on repart vers l’attaque de l’arête non loin.
C’est parti pour une petite traversée de l'arête des cosmiques dans les nuages pour 3 cordées. Pas mal de monde et un peu de bouchons, mais moins que l’été quand même. Avec de la neige c'est beaucoup plus facile. Le crux passe sans difficultés pour l’ensemble de l’équipage. Ça bouchonne plus sévère sur la remontada, on attend pas mal, certaines progressent plus difficilement, (au lieu de courir comme sur le reste de l’arête), une loupe un embranchement alors que la première cordée était déjà sur la plateforme en train de discuter avec les touristes, puis une annonce invite les visiteurs à dégager fissa pour cause d’orage. On attend toujours les 2 dernières alors que la neige commence à tomber en grésille. Finalement elles arrivent, pas le temps de tourister, il faut encore redescendre une seconde fois l’arête neigeuse de sortie pour regagner le refuge vers 16h. Acclimatation un peu, fatigue déjà aussi.
Le refuge des cosmiques, je ne connaissais pas. Pas hyper emballé par l’installation, mais l’équipe est sympa. On a chauffé nos popotes sur le balcon (pour la plupart d’entre nous) et aperçu le tacul tracé. Ce qui nous a permis de nous coucher bien avant tout le monde, en prévision du lendemain.
J2 Lever 1h45, l’équipe a l’air en forme. Après un petit dej presto, nous nous équipons avec tout l’attirail et sortons, frontales et casques vissés sur la tête. Plusieurs cordées sont parties nous faire la trace, c’est sympa ^_^ Pas mal de touristes avec ou sans guide, certains se plantent d’itinéraire, galèrent dans les pentes ou les passages techniques. Pour nous tout va bien, nous progressons à bon pas, après quelques coups de spatules et cramponnades, le soleil apparait, le ciel est dégagé, c’est absolument génialissime, la journée s’annonce parfaite, avec 20-50cm de fraiche.
La rimaye du Maudit nous permet de doubler un gros groupe après un franchissement nécessitant 2 piolets pour le premier de cordée. La suite est un escalier, encore merci au guide devant nous. Nous finissons par le rattraper (il attend ses clients) puis passons versant ouest les premiers. On brasse dans 1m de neige en crampons, il fait -15° avec des rafales à 40km/h… Nous chaussons les skis et petite glissade jusqu’au col de la Brenva au soleil. Ça va déjà un peu mieux, nous mettons quand même nos dernières couches. Le sommet est en vue, une option de descente également (corridor). On en profite pour boire et manger, tandis que les groupes nous repassent devant et rejoignent les skieurs venant des grands mulets (le goûter est en glace).
Nous attaquons ensuite les deux dernières pentes en mode « rapide » et redoublons la plupart des groupes venant des cosmiques. Summit, photos, casse-croûte, petite dense de polka, et nous redescendons dans la face nord plutôt que le corridor, aspirés par les traces. Excellente mais bien rayée, les corridors eussent été un meilleur choix, mais bon, on va pas se plaindre ! Nous pressons le pas au petit plateau, saluons les grands mulets de loin et rejoignons la jonction bien bouchée. La neige devient croûtée ou soupe, selon les orientations. L’objectif est en vue: Nous traversons pour rejoindre la plan de l’aiguille. Y mangeons nos restes de victuailles et buvons nos restes d’eau, avant de regagner la vallée avec option burger frites.
Que d'émoi pour un beau hold-up !














