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TREK MAROC JUIN 2024 AU M’GOUN

Compte rendu sorties

TREK MAROC JUIN 2024 AU M’GOUN

C’est avec un réel plaisir que nous avons renoué avec les treks au Maroc et repris le flambeau de l’entreprise initiée naguère par Robert Barbier.

En guise de reprise en douceur, le programme de cette année consistait à gravir l’Ighil M’Goun (4071 m), une longue crête de plusieurs kilomètres perchée à plus de 4000 mètres d’altitude, point culminant du haut-Atlas central et troisième plus haut sommet du pays après le Toubkal (4167 m) et le Ouanoukrim (4088 m), avant de se laisser glisser doucement le long de l’oued M’Goun et ses gorges spectaculaires.

J0 : à l’aéroport de Marrakech, nous faisons connaissance avec Mohamed notre guide qui nous accompagnera tout au long du voyage. Installation à l’hôtel Ali, cosmopolite et trépidant, situé aux marges de la Place Jemaa el-Fna, cœur vibrant de la cité almoravide.

J1 : une demi-journée de liaison en minibus nous amène au petit village d’Arous (1900 m), dominant la vallée des Aït Bouguemez, fort justement surnommée la « Vallée Heureuse », où nous rencontrons l’équipe de muletiers. La première (demi-)étape en milieu d’après-midi consiste en une courte montée vers le premier bivouac à 2400 m. La chaleur est rapidement tempérée par une petite ondée rafraichissante nous indiquant que le temps est à l’orage. À notre arrivée, les tentes sont déjà montées, le ciel s’assombrit. Repas dans la tente mess, puis dodo avec un zeste d’excitation concernant les journées suivantes qui nous attendent.

J2 : Ciel bleu, montée tranquille. En guide expérimenté, Mohamed a adopté un rythme de marche tranquille parfaitement adapté à la troupe, qui ne laisse personne de côté. La vue s’élargit sur des étendues immenses, garnies de fleurs de toutes les couleurs, dominées par la silhouette altière, côté nord, du Djebel Ouagoulzat. L’air de rien, nous parvenons au Tizi-n-Aghouri à 3372 m d’altitude. Face à nous, massive, l’arête faitière du M’Goun surmontée de cumulus qui s’épaississent… Plongée sur le plateau de Tarkeddit, 500 m plus bas. Il est tôt, à peine midi, chacun part s’installer, mais en quelques minutes c’est le chaos, un orage violent se déchaîne, les tentes croulent sous ce qui tombe du ciel et commencent à s’inonder. Une heure et demie plus tard, vision du plateau tout blanc, couvert de grêle. Des ruisseaux se sont constitués, on patauge dans la gadoue. Fort opportunément, nous trouvons un asile providentiel au refuge de Tarkeddit situé à quelques encablures pour une nuit inespérée au sec.

J3 : c’est décidé, nous ne monterons pas au sommet, compte-tenu de la météo et de l’état du matériel, complétement détrempé. Mais la relative déception est vite estompée devant les horizons grandioses, nus et vides, qui se dessinent. Passé le Tizi-n-Oumsoud à 3000 m, nous dévalons des pentes austères, suivons le cours de l’Assif Oulilimt au travers d’un chaos de roches : cheminées, demoiselles coiffées aux couleurs étranges. Dans le lointain apparaît une immense cathédrale de rochers placée sous le regard d’une tête colossale au profil aquilin qui se découpe dans le ciel et semble monter la garde. Hallucination ? Non... simplement une illusion d’optique. Hamou, ainsi dénommé par les autochtones, se fond progressivement dans le décor à mesure que le convoi progresse. Succède une large et aimable vallée gardée par un majestueux grenier à blé, comme un château-fort. Nuit à Aït Hamed dans un gite (relativement) confortable.

J4 : l’Assif Oulilimt est devenu l’Oued M’Goun et serpente dans la verdure. Des enfants surgis de nulle part quémandent sans grande conviction bonbons, stylos, ballons. On les voit plus loin faire rouler devant eux un jouet improbable astucieusement construit avec les moyens du bord : un cerceau ! Les villages berbères se succèdent : maisons en pisé, cultures en terrasses. Cette étape cool se conclut par un bivouac sur l’air de battage du petit hameau d’Imi-n-Irekt, surplombant la rivière.

J5 : voilà les Gorges du M’Goun. Les montagnes qui enserrent le torrent se rapprochent imperceptiblement, jusqu’à n’être plus distantes que d’une dizaine de mètres, comme si un gigantesque coup de sabre avait tranché la montagne. On marche les pieds dans l’eau, à l’ombre, en prenant soin de ne pas se faire emporter par le courant. Mohamed chante, sa voix nous parvient, amplifiée par l’écho. Irréel et émouvant… Au midi, un peu aveuglés, nous débouchons dans la lumière. Nuit sous la tente, à Tiranimine, un terrain loué par les villageois. Une matrone peu amène surveille anxieusement nos faits et gestes.

J6 : les gorges s’élargissent, envahies par une multitude de lauriers-roses, le décor s’adoucit. Toujours les pieds dans l’eau, nous guettons les premiers signes du retour à la civilisation. Apparaît la bourgade d’Aguerzaka, sa mosquée, ses petits commerces. Un vieil homme assis sur une pierre évoque la France, où il a passé quelque temps dans ses jeunes années. Nuit dans un gite à Tisguine n'Aït-Mrao.

J7 : courte demi-étape pour regagner la route, et de là, retourner à Marrakech en minibus. Devant nous, d’immenses étendues désertiques, doucement vallonnées. Après une brève escale à Kelaat-M’Gouna, capitale de la « Vallée des Roses », nous franchissons le Tizi-n-Tichka, point de jonction des régions semi-arides du sud et des plaines plus fertiles du nord pour retrouver l’hôtel Ali.

J8 : journée libre dédiée à la visite des sublimes Jardins Majorelle et à une déambulation dans la médina, avec une visite de Médersa Ben Youssef pour certaines et un café à la Mamounia, pour ceux qui n’auront pas été refoulés par un cerbère sourcilleux désapprouvant leur tenue un peu trop décontractée.

Le lendemain, la plupart d’entre nous regagneront la France, suivis par les autres qui auront choisi de prolonger un peu le séjour, avec des tas de précieux souvenirs dans la tête.

Un guide professionnel très à l’écoute, rempli de patience et bienveillant, une équipe de muletiers et un cuisinier aux petits soins, un groupe homogène, une ambiance excellente entre les participants, tous les ingrédients étaient là pour nous faire attendre avec impatience la version 2025 qui, nous n’en doutons pas, sera à la hauteur de la précédente !

 

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