Trois apprentis alpinistes du CAF Gi (Jean-Florent, Capucine et moi-même) sommes montés au refuge du Pigeonnier en compagnie d’Isabelle le dimanche 16 juin 2024 en début d’après-midi. 800 m de D+ rendus pénibles par la chaleur et le poids des sacs ont rapidement été éclipsés par l’accueil et la cuisine d’Olivier et Maïté, les gardiens du refuge.
L’été n’avait pas tout à fait démarré là-haut. Les fonds du Valgaudemar étaient encore bien blanchis au-delà de 2300 m d’altitude après un hiver, par intermittence certes, mais extrêmement généreux en neige sur sa fin. Des cascades à n’en plus compter arrosaient le torrent du Gioberney puis la Séveraisse en contrebas, et une bande de bouquetins avait décidé de planter la tente sur une crête rocheuse à seulement quelques dizaines de mètres au-dessus du refuge.
Après quelques révisions des écoles de rocher et de neige suivies dans des programmes précédents, la première course prévue vers le col du Chardon fut avortée le lundi 17 en raison de difficultés avec la neige, voilà qu’une petite chute sans gravité nous força à réviser un peu plus notre technique en attendant de nous attaquer aux Rouies.
Après avoir été rejoins par Anke nous offrant de son temps entre deux examens (attention au surmenage !), nous nous lancèrent à l’assaut des Rouies le mardi 18 dès 4h du matin à 4, Jean-Florent étant resté au refuge. 1200 m de D+ prévus en 5 h au programme, pas de temps à perdre ! Après avoir traversé le vallon et chaussé les crampons, un couloir, bref mais impressionnant séparait la Pointe Duhamel à l’est du glacier des Rouies à l’ouest, avec les fonds de Saint-Christophe-en-Oisans au-delà. S’ensuivit un petit ressaut rocheux, puis l’espace encore bien enneigé et bouché du glacier, qu’il fallut traverser de bout-en-bout avant d’atteindre le sommet. A 8h50, c’était fait ! Le ciel, très légèrement voilé nous laissa quand même largement admirer le panorama : Olan, Ailefroide, la Meije, et même le Viso et le Mont Blanc. Mais il s’agissait de ne pas trop trainer, la neige tournant rapidement à la soupe, surtout en nous engageant dans une vire pour contourner le couloir orienté plein sud.
Le mercredi 19 fut consacré à un peu de repos, quelques dernières révisions des manips de rocher sur la « crête des bouquetins » au-dessus du refuge, une petite évaluation de nos compétences par Isabelle (et un petit cadeau de sa part !), un au revoir avec le gardien et le retour au Gioberney.
Quelques jours après, l’envie de remonter me reprend déjà, le virus de la montagne nous a visiblement bien contaminés. Un grand merci à Isabelle et Anke de nous l’avoir transmis durant les formations et ce super week-end. La seule question qui compte désormais est : « à quand la prochaine ? »
Photos collectives






















