Vendredi 17 octobre, c'est le premier jour d'un week-end initiation et perfectionnement en alpinisme. Aujourd'hui, nous sommes six, dont Gabriel notre initiateur. Les révisions commencent dès le parking du spot d'escalade du Bec de Cornillon, à Lans en Vercors : anneaux de buste, pause des becquets, les différents types de cordes, de sangles, les noeuds… La séance se poursuit à travers une mise en pratique de progression encordée avec pose de becquets jusqu'au pied des voies d'escalade. Là, nous révisons la pose des friends et des câblés sur de courtes voies faciles et peu équipées. Celui ou celle qui en met le plus a gagné !
Après le pique-nique au soleil, nous reprenons les techniques de mouflage. L'art du mariner double n'est pas donné à tout le monde, c'est peut-être la technique la plus facile à oublier. Puis c'est la remontée sur corde, sur deux cordes d'abord, puis sur une seule. Deux participants nous quittent là pour redescendre à Grenoble, tandis qu'après un chocolat chaud café bière, le reste de l'équipe rejoint le parking des Glovettes. Chargés comme des mules, nous gagnons l'abri de la Fauge, où trois frères et sœur sont déjà installés. Le feu brûle dans la cheminée, et dehors la température baisse.
Samedi 18, groupe 1 : Nous partons faire l'arête sud du roc de Cornafion en deux cordées réversibles. C'est parfait pour mettre en pratique les révisions de la veille. Le temps est estival et nous arrivons suffisamment tôt pour ne pas subir l'affluence sur l'arête (dont à notre grande surprise un groupe du CAFGI). Nous descendons par les rappels en ouest puis retrouvons à l'abri de la Fauge celles et ceux arrivés le samedi pour le Week-End, dont Boris et Florian, les deux autres initiateurs. Cette fois, nous sommes rejoints par quatre Erasmus venus faire un feu dehors, dormir un peu et parler beaucoup. Le vent commence déjà à souffler en rafales.
Samedi 18, groupe 2 : Samedi matin, 7h45. Le jour se lève à peine sur Seyssinet-Pariset quand la deuxième équipe du week-end Camp de Base prend la route du Vercors. Les sourires sont encore un peu engourdis, mais la motivation est bien là. Après un arrêt café à Lans-en-Vercors pour réveiller les esprits, direction le vallon de la Fauge et son site d'escalade.
Sous la houlette de Boris et Florian, les initiateurs bénévoles, la journée débute par une remise à niveau des fondamentaux : organiser efficacement son baudrier, réviser les encordements en corde tendue, tirer des mini-longueurs, poser des relais... Les cerveaux chauffent presque autant que les doigts : nœuds à deux mains, puis à une main - parfois quelques "bugs" de mémoire, vite corrigés par la pédagogie bienveillante des encadrants.
Le soleil finit par percer : pause pique-nique. L'après-midi, place à la pratique. Deux ateliers s'installent sur le rocher : remontée sur corde (où les abdominaux sont mis à rude épreuve) et pose de coinceurs et friends en progression. Chacun apprend à faire confiance à ses placements, à oser.
En fin de journée, une courte marche mène la troupe jusqu'à l'abri de la Fauge, où les deux groupes sont enfin réunis. La rencontre est joyeuse : apéritif partagé, récits d'ascension, rires, et préparation du programme du lendemain. Deux cordées iront sur le Pilier Martin, une autre sur la Voie des Marmottes. Le repas se partage dans la chaleur du feu de bois.
Dimanche 19, réveil à 7h. Les sacs se bouclent dans le vent glacial du matin. La marche d'approche décoiffe, au sens propre comme au figuré. Les deux cordées de trois du Pilier Martin s'engagent dans la voie, concentrées et efficaces : longueurs, relais, progression fluide malgré les frissons. De l'autre côté, la cordée des Marmottes hésite : le froid mord, le vent siffle. Finalement, décision sage - changement de plan vers une voie équipée, plus abritée. Après une longueur, les doigts gelés auront raison des ambitions. Pas de sommet, mais un précieux moment d'apprentissage : Florian propose un atelier dans les lapiaz, pour mettre en pratique les techniques vues la veille - pose de protections, confection de relais, triangulation, encordement.
Plus tard, les équipes se retrouvent. Le Pilier Martin a été gravi, la pédagogie mise en œuvre, la montagne partagée. Autour d'un dernier repas à la cabane, on remballe les sacs et les souvenirs.
Un week-end riche en apprentissages, en échanges, et en belles rencontres. Merci à Boris, Florian et Gabriel, pour leur engagement et leur passion communicative.








