Avec ce mini cycle d'alpinisme de niveau « en perfectionnement » de mi-saison, l'idée était d'aller faire des goulottes avec approche possible à skis. Après un long processus de sélection (pour tenter d'avoir un groupe homogène) à la recherche de participantes (succès limité : mais où sont les filles ?) une majorité de nouvelles têtes, nous voilà lancés pour 3 fin de semaines printanières !
Vendredi, informé des conditions d'enneigement nous optons pour le secteur de la Peyrouse pour le premier WE. Vu de Saint Andéol, c'est bien sec. Le barda sur le dos, nous montons en direction de la Tune de l'Ours, y laissons en contrebas notre dit barda, et attaquons la neige à coups de crampons, progressons dans le couloir dérobé (orienté Sud-Est mais longtemps à l'ombre, la neige y est encore très bonne). Première rencontre avec les locaux : des chamois. On poursuit, ça se redresse un peu mais encore skiable. Une congère barre la montée, je sors la corde, ancre un corps mort, tente un passage par le côté .. et surprise ! on est déjà sorti sur la plateau tandis que je m'attendais à me retrouver sur une arête. Bon, pas très mixte tout ça ! Ambiance en montant puis au sommet, avec une vue magnifique sur les hauts plateaux et plus loin. Nous redescendons par le Pas Morta, déjà bien chauffé, et remontons aussi sec (mais toujours bien enneigé) le couloir Est de la 5e Tour. Un premier ressaut assez difficile à passer (manque un ou deux + au PD+), on pose la corde. Haru demandeur de manips, on la garde pour la suite. Un second ressaut, pas évident non plus. Une mini-chute sans conséquence, à nouveau contemplation, silence on croise un gypaète, redescend, récupère notre barda, puis longue traversée jusqu'à la cabane de la Peyrouse, où nous nous installons pour la nuit (merci l'ONF). Nico nous y rejoint dans la soirée.
Samedi, nous partons pour le couloir Nord Est de la 6e tour, situé entre la cabane et le Pas Morta. Rectiligne, bien raide, un troupeau de bouquetins nous y attend, des chamois à l'étage supérieur. On sort rapidement les cordes, Haru pose des coinceurs et mène ses deux compagnons, tandis que je pars à mon tour, en mode corde tendue avec notre nouvelle recrue, pour ne pas rester trop longtemps dans ces pentes qui chauffent à vue d'œil, dépasse la première équipe, ne traîne pas dans les étroitures, où une étagne et deux éterlous balancent d'énormes pavasses. J'envoie Nico en tête, qui tarde à trouver les bons endroits pour protéger. Les mains gelées, à l'ombre, je houspille et vitupère puis remonte la pente de neige sans plus attendre et termine la remontée dans une sortie sandwich entre neige et rocher. Séance photo au sommet de la 6e tour, et re-redescente, récupération du barda, et zou dans la forêt.
Deuxième session du cycle. Topotage intense la veille, le choix collectif s'arrête finalement sur la goulotte Zia, et plan B les grandes voies du secteur (Tabor) en cas de manque de neige. Dimanche nous partons donc vers 5h depuis Saint Honoré pour une approche avec pas mal de neige dès mi-parcours. Goulotte ludique avec quelques ressauts secs, que certains passeront en ligne droite. Le haut de la goulotte nous accueille dans un filet rouge et une corde fixe, en préparation d'une course. Beau mixte dans une neige bien tassée, finalement pas mal pour un mois d'avril ! Au sommet vers 9h, on se dit que c'est dommage de terminer si tôt, 3 des membres de l'équipe décident de redescendre et attaquer la grande voie la plus proche, tandis que le 4e part à l'assaut d'une sieste Pérolière. Une petite erreur, nous détourne du coyote pour le loup (des teppes) avec son 6a/Ao en grosses mouillées. Bravo Haru (formé au dry par Virginie, dixit l'intéressé).
Troisième session avec 2 nouvelles recrues : Eve et L. Le plan : première journée aux Combeynot, deuxième au pic de Chamoissière. Le refuge et les gîtes des alentours étant complets, nous avons dormi à Briançon dans une sorte d'auberge de jeunesse (très bien : BodyGo). Une nouvelle tête pour ce WE, interrogée par mail sur ses activités alpi et connexes (censée être autonome dans le AD neige/mixte).
Samedi : Je répartis les cordées et nous voilà partis depuis le col du Lautaret (avec 45min de retard... certains oubliant, leurs skis) prends la nouvelle avec moi, dans l'idée de partir côté Laurichard (plus court) mais tout est sec, hormis le couloir de descente, aussi je me rabats sur Intimité, où sont partis Haru & Eve (AD), tandis que Fab & Dom partent sur la ESE (PD+) avec contact talkie. Tout se déroule bien pour les 3 cordées, qui s'appliquent à progresser en corde tendue et réversible. Ma partenaire de cordée n'étant pas des plus à l'aise, je reprends les rennes. Retrouvailles sur l'arête avec vue sur le massif des Écrins, et redescente en skis par le couloir du fond. Ensuite c'est glissade jusqu'au col (avec technique de la feuille morte pour certains).
Dimanche : Le temps qui s'annonçait déjà maussade, raison pour laquelle j'ai délaissé l'option d'un grand sommet, s'accompagne désormais d'un fort vent du sud. Par ailleurs l'approche déneigée au col d'Arsine s'avérerait trop longue pour le créneau et les courses envisagées. Nous décidons de retourner dans les Combeynot, les uns pour le couloir ESE de Laurichard (sans corde ni ferraille), les autres pour la goulotte des 3 sots. L'équipe B se prépare au pied de la goulotte. Les skis sont laissés sur place et nous partons nous positionner à l'abri d'un gros rocher, véritable début de la goulotte. L. semble terrorisée à l'idée de redescendre le couloir, sans tirer des rappels de haut en bas. Je l'assure depuis un solide becquet tandis qu'elle attaque la goulotte, et après une demi-heure, la corde ne bougeant plus, je pars à la rescousse 5m plus haut et la fais redescendre. L'équipe au soleil étant déjà rentrée à la voiture, nous plions bagage.
Au final, un fort sympathique mini-cycle printanier qui aura permis aux un.e.s et aux autres de faire crisser les crampons sur le caillou sous le soleil.





















